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La montée des tensions en mer de Chine méridionale : vers un nouveau point chaud géopolitique ?

  • Photo du rédacteur: Sacha Mourat
    Sacha Mourat
  • 13 nov. 2025
  • 2 min de lecture

Par Théa Petit


Entre les eaux turquoise et les récifs coralliens, une guerre sans bruit fait rage. Ce conflit, loin des projecteurs mais aux conséquences potentiellement mondiales, oppose depuis plusieurs années la Chine à plusieurs de ses voisins. Le cœur de la discorde ? La souveraineté de milliers d’îlots, d’atolls et de zones maritimes riches en ressources. Mais ce qui était une lutte régionale prend aujourd’hui une dimension planétaire.


Une mer stratégique devenue zone de friction


La mer de Chine méridionale est l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde : environ un tiers du commerce maritime mondial y transite chaque année. Elle recèle également d’importantes réserves de gaz et de pétrole, ainsi qu’une biodiversité précieuse, ce qui rend ses eaux d’autant plus convoitées. Pékin revendique la quasi-totalité de cette mer en s’appuyant sur une « ligne en neuf traits » remontant aux années 1940. Ces revendications, jugées illégales par la Cour permanente d’arbitrage de La Haye en 2016, sont contestées par plusieurs pays : les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, Brunei et Taïwan.

Ces dernières années, la Chine a multiplié les démonstrations de force : construction d’îles artificielles, installations militaires, pistes d’atterrissage, radars et missiles. Face à cette militarisation, les voisins de Pékin se sentent de plus en plus menacés. Les États-Unis, au nom de la « liberté de navigation », ont intensifié leurs patrouilles navales et aériennes dans la région. Le Japon, l’Australie, le Royaume-Uni et la France ont également envoyé des navires pour affirmer leur soutien au droit international maritime.


Un jeu d’équilibriste diplomatique


En juin 2025, un incident a ravivé les tensions : un navire philippin a été endommagé par un navire des garde-côtes chinois près du récif Second Thomas Shoal. L’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) a appelé au calme, mais ses divisions internes empêchent toute position unifiée. Pendant ce temps, Washington et Pékin s’observent et se défient, chacun accusant l’autre de provocation. Les risques d’un affrontement involontaire sont réels : une collision, une erreur d’interprétation, et l’engrenage pourrait se mettre en marche.

La mer de Chine méridionale est aujourd’hui l’un des foyers de tension les plus dangereux du globe. Si la diplomatie échoue, le monde pourrait assister à une escalade militaire dans une région stratégique pour l’économie mondiale. À l’heure où les équilibres géopolitiques vacillent, cette mer agitée devient le reflet d’un ordre international en mutation.

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