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Parler peut sauver des vies : derrière chaque sourire une bataille invisible

  • Photo du rédacteur: Sacha Mourat
    Sacha Mourat
  • 13 nov. 2025
  • 5 min de lecture

Par Nina Uwikeza


Du 2 au 8 février 2025, se tenait la 35 eme semaine de Prévention au suicide pour les adolescents. Chaque année, cette campagne met en avant l’importance de la prévention et encourage des adolescents à oser parler du suicide malgré les craintes ou l’inconfort, puisqu’agir peut faire toute la différence.

Son objectif ? prévenir le suicide chez les jeunes avec un ensemble d’initiatives et de dispositifs mis en place au plus près des personnes à risque et de leurs proches. Ainsi que l’information et la sensibilisation du public à cette problématique et plus globalement à la santé mentale.

Informer, repérer plus tôt, maintenir le lien et renforcer l’offre d’accompagnement et de prise en charge des personnes à risque suicidaire. 


Un fléau silencieux : comprendre les causes du suicide chez les adolescents 


Le suicide reste la deuxième cause de mortalité en France chez les moins de vingt-quatre ans. Dans cette période difficile de transition qu’est l’adolescence, un mal-être peut s’installer chez le jeune adulte. Les seuls moyens de prévenir le passage à l’acte : être attentif et rester en contact avec l’adolescent ou le jeune adulte

L’adolescence constitue un âge de la vie particulièrement vulnérable, pendant lequel les tentatives de suicide sont les plus fréquentes. Parler du suicide peut justement permettre à un adolescent d’être reconnu dans sa souffrance, et d’avoir un environnement lui permettant de s’exprimer sur ses craintes, ses ressentis… donc un environnement où celui se sent écouté. 

Selon l’inserm, Les résultats de l’étude révèlent que parmi ces soixante-dix prédicteurs potentiels mesurés à l’inclusion, quatre permettent de détecter environ 80 % des comportements suicidaires lors du suivi. Il s’agit : des pensées suicidaires ; de l’anxiété ; des symptômes de dépression ; de l’estime de soi ». Par ailleurs, une étude du réseau d'écoute étudiant Nightline Europe a révélé que le taux de pensées suicidaires chez les 18-24 ans en France a plus que triplé entre 2014 et 2021, enregistrant une augmentation de 218 %. De juin 2023 à mai 2024, 16,20 % des appels reçus par Nightline France concernaient des pensées suicidaires, un taux supérieur à la moyenne européenne. 

Ces chiffres témoignent d'une dégradation préoccupante de la santé mentale chez les jeunes en France, en particulier chez les jeunes femmes, et soulignent l'importance de renforcer les dispositifs de prévention et de soutien psychologique.


Repérer les signes avant-coureurs : un enjeu crucial  


Cette situation s’est accentuée avec l’épidémie de la Covid-19 qui a eu de lourdes conséquences sur la santé mentale des adolescents. Déjà en janvier 2021, les résultats d’une enquête publiée pour la Fondation FondaMental démontraient que près d’un jeune sur trois avait eu des « pensées suicidaires » ces derniers mois. Même constat de Santé Publique France en février 2023 : un jeune sur cinq présentait des symptômes de dépression, un chiffre en augmentation de près de 80% en quatre ans.

L’isolement, le fait de rester chez soi, l’impossibilité souvent de quitter son domicile pour plusieurs jours ou l’incapacité de voir physiquement son entourage pouvaient causer des risques de renfermement sur soi chez les adolescents. 

Certains signes avant-coureurs dans les comportements, qui se répètent et s’accentuent, doivent être pris au sérieux afin d’éviter un potentiel passage à l’acte. Il peut s’agir : de messages directs : « Je vais me foutre en l’air », « Vous serez mieux sans moi », « Je vais faire un long voyage »… ; de propos dévalorisants : « Je suis un raté », « Je déçois tout le monde », « Tout le monde s’en fout de moi »… ; de changements de comportements brutaux : chute des résultats scolaires, absentéisme à l’école, fugues répétées, enfermement, hyperactivité inhabituelle, scarifications, dons d’objets lui appartenant et qui lui sont chers, consommation excessive d’alcool, prises de risque répétées…


Brisez l’isolement


En 2021, "4,2% des 18-85 ans déclaraient avoir pensé à se suicider durant les douze derniers mois" et 6,8% déclaraient une tentative de suicide au cours de leur vie. La moitié des jeunes (18-24 ans) déclarent ne pas s’être rendus à l’hôpital à la suite de leur dernière tentative de suicide entre 2000 et 2017. Depuis 2021, le nombre d’hospitalisations augmente toutefois chez les adolescents (11-17 ans) et les jeunes adultes (18-24 ans).

Quand un soupçon de suicide naît au sujet d’un adolescent selon son comportement, il faut suivre son intuition et briser la glace. Vous ne commettez pas d’impair en osant dialoguer et en lui posant des questions directes. Ainsi, en 2022, le taux de suicide a atteint 13,4 décès pour 100 000 habitants, soit un total de 9 200 suicides. En 2023, le taux d'hospitalisation pour ce motif était quatre fois plus élevé chez les femmes de 15 à 19 ans que chez les jeunes hommes du même âge. Quel que soit le motif, il ne faut pas le sous-estimer et tendre la main pour donner l’occasion à l’adolescent de voir qu’il existe des solutions et qu’il n’est pas seul pour affronter la vie. Tout votre travail consiste à essayer de comprendre ce que vit l’adolescent. Il est indispensable de lui montrer que son entourage tient à lui, qu’il est irremplaçable.

On peut aussi lui expliquer qu’il ou elle n’a pas besoin de menacer de se suicider pour s’assurer de votre compréhension. Vous êtes là pour lui ou pour elle de manière inconditionnelle. Ensemble, vous pouvez chercher des solutions concrètes à ses difficultés.

L’idéal dans un deuxième temps est d’orienter l’adolescent, en parallèle de votre soutien constant, vers un tiers, association ou psychologue, pour lui donner l’occasion de parler en terrain neutre. De plus, depuis le 1er janvier 2022, les consultations psychologiques sous prescriptions médicales sont prises en charge par l’Assurance maladie. Cette mesure concerne toute personne âgée d’au moins 3 ans, quelles que soient ses ressources.


L’importance de la prévention 

La formation en prévention du suicide est un élément clé de l’approche intégrée de la stratégie nationale. Il s’agit de structurer le repérage des personnes à risque pour leur proposer le plus rapidement possible des solutions adaptées à leurs problèmes et, si nécessaire, un accompagnement vers le soin.

Aussi il est important de saluer l’engagement citoyen de l’ensemble des bénévoles qui participent à l’effort collectif de prévention du suicide, et, plus largement, qui agissent pour soutenir les personnes en souffrance psychique. 

Si vous êtes déprimé, contactez quelqu’un. Et rappelez-vous, le suicide est une solution permanente à des problèmes temporaires. Le suicide n’est jamais une option. Vous n’êtes pas seul. 

En honneur à toute les victimes du suicide, dont la souffrance est souvent invisible, et à leurs proches qui portent ce fardeau lourd de silence. Que cette semaine est un rappel que chaque vie mérite d’être écoutée, comprise et soutenue. N’oublions pas ce qui sont parti. 



Si vous êtes déprimé, contactez quelqu’un. Et rappelez-vous, le suicide est une solution permanente à des problèmes temporaires. Le suicide n’est jamais une option. – Robin Williams. 


Vous n’êtes pas seul.


Numéro National Souffrance et Prévention du Suicide : 31 14 ;

service d’écoute de Nightline accessible dès 20h30 jusqu'à 02h30 , destiné à tous les étudiants : 01 88 32 12 32

SOS Suicide Phénix Ecoute : 01 40 44 46 45 ;

Suicide Écoute : 01 45 39 40 00 ;

Croix Rouge Écoute : 08 00 85 88 58

Fédération 3977 contre les maltraitances : 3977

Agri'écoute : 09 69 39 29 19

Association France Dépression - Ecoute patients : 07 84 96 88 28 

SOS Homophobie, LGBTIphobias Helpline : 01 48 06 42 41

Solitud’écoute - Petits Frères des Pauvres : 08 00 47 47 88

Fil Santé Jeunes : 0800 235 236

E-enfance : 3018

Service d’aide médicale d’urgence : 15



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